Le Sahel vu du «Nord» … (chapitre 01 de l’encyclopédie)
Quelques interviews de gens du Nord sur ce qu’ils connaissent du Sahel. Les clichés qui en ressortent: désert, famine, sécheresse.
Définition de l’aire géographique du Sahel: entre le désert du Sahara et la savane plus au Sud. La pluviométrie en diminution est de 200 mm au nord et de 750 mm au sud.
Dans les pays du Nord nous consommons des biens produits au sahel: vêtements en coton, fruits, légumes, produits de la pêche, engrais, uranium…
Les pays du Nord vendent à ceux du sahel toutes sortes d’équipements et de biens de consommation: véhicules, machines à coudre, papeterie, journaux…
Des sahéliens viennent travailler au Nord pour envoyer de l’argent à leurs familles restées au Sahel.
Des étudiants sahéliens fréquentent les universités du Nord.
La musique sahélienne a conquis les pays du Nord.
Des footballeurs sahéliens sont achetés par les pays du Nord.
Les romans et les films écrits et réalisés par des sahéliens sont diffusés au Nord.
Les sommet de la francophonie réunissent au Nord les dirigeants des pays du sahel.
L’aventure de la course « Parie-Dakar» a fait découvrir les pays du sahel a de très nombreuses personnes.
Le tourisme découverte des villages, les safaris photos, se développent dans les pays du sahel.
Des échanges culturels entre associations, entre municipalités créent des liens entre les pays du nord et ceux du sahel.
Des coopérants, des ONG, des chercheurs des pays du nord viennent contribuer à l’identification et ou la réalisation de projets de développant dans las pays du sahel.
Le sahel, une terre et des hommes. (chapitre 02 de l’encyclopédie)
(A la croisée des climats, des cultures et des religions)
Le Sahel, du nord au sud. Au nord, paysages désertiques, sable et rochers, peu de végétation, une architecture adaptée au climat… Populations Touaregs, Bellas, Peuhls et leurs activités.
Plus au sud, élevage transhumant et agriculture. Populations Bobos, Senoufos, Dogons.
Les greniers à céréales essentiels pour la survie des populations.. Les activités liées à la culture des céréales..
Le long des grands fleuves, Niger, Sénégal et Gambie, paysages, activités agricoles, transport et pêche.
Plus au sud la pluviométrie augmente: végétation plus abondante les cultures dominent et l’élevage est sédentaire.. Cocotiers, rôniers et palétuviers, rizières en Casamance .
La désertification pousse les troupeaux vers le Sud où l’équilibre agriculture-élevage est rompu.
Les sociétés traditionnelles font de l’éducation des enfants une priorité ..L’islam prend de plus en plus de place… Les activités artisanales .
Le Sahel, une histoire. (chapitre 03 de l’encyclopédie)
Les premières informations remontent au Sème siècle avant J.-C.: des caravanes de chameaux descendaient du Maghreb vers les pays du sahel pour chercher des plaques de sel, de l’or et des esclaves. Les commerçants apportaient des vêtements en laine, du blé, des dattes,et des chevaux. Ils achetaient les produits de l’artisanat sahélien et surtout des baguettes de fer, de cuivre, des cauris et de l’or. Ces échanges ont favorisé le développement économique du sahel et l’implantation de royaumes: celui du Ghana au 9ème siècle, l’empire des Almoravides au 10ème, le Kanem-Bornou, le Mossi, le Songhai, le Bornou.. Puis l’Empire du Mali autour de Tombouctou.
Ces échanges ont aussi provoqué des guerres entre nomades blancs et sédentaires noirs.
L’islamisation progressive du Sahel s’est faite entre les 12ème et 14ème siècles.
L’islam coexiste avec les religions traditionnelles soudano-sahélienne et favorise la diffusion de la langue et de l’écriture arabe.
C’est au 16ème siècle que le Sahel atteint son apogée grâce au commerce des métaux précieux.
Les aristocrates du Nord font des razzias au sahel pour se procurer des animaux, des esclaves et de l’or. Ce qui favorise un émiettement politique entre le Fouta Djalon, le Fouta Toro, les Bambaras, les Haoussas, le Kanem Bornou, le Ouaddai, le Darfour et le Kwararafe.
La pénétration coloniale commence au 15ème siècle, avec les portugais: les premiers comptoirs sont créés sur la côte et le commerce des esclaves se développe, au 16ème et surtout 17ème siècle avec un commerce triangulaire Europe-Antilles-Afrique.
Après l’abolition de l’esclavage en 1848, 1,exploitation des ressources se fait à l’intérieur des pays du sahel.
En 1885, à la conférence de Berlin les grandes puissances France, Belgique, Grande Bretagne et Allemagne se partagent l’Afrique. Les colonies s’organisent, mais elles rencontrent des résistances qui sont brisées par la force.
Les sociétés traditionnelles sont progressivement déstructurées par la mise en place d’administrateurs, de militaires et de missionnaires qui contrôlent les chefferies . Les croyances ancestrales sont folklorisées, la culture occidentale de répand.
L’exploitation des matières premières se développe rapidement: arachide, coton, sisal, gomme arabique. Routes et ports permettent l’exportation des matières premières.
Les guerres de 14-18 et 40-45 mobilisent des milliers d’homme au sahel.
D’ici 1960: accès à l’indépendance.
La société traditionnelle: les systèmes de production. (chapitre 07 de l’encyclopédie)
La savane soudano-sahelienne s’étend d’Ouest en Est dans les pays du Sahel.
Au Sud elle est bordée par la forêt, et au Nord par le désert.
Chaque ethnie a son propre système de production en fonction de son mythe de l’origine du monde.
A Moissala ( Tchad) par exemple, les hommes sont nés du mil.
Quand le village grandit, il se scinde suite à un conflit, et chacun alors crée son propre mythe. Le groupe s’organise en fonction de son mythe qui explique tout; la signification des arbres, des animaux, les contraintes de la vie, l’ordre des choses, les relations avec l’environnement, la codification des activités de chasse, de pêche, de cueillette et de culture.
Les mythes sont transmis par les contes, les légendes et l’initiation des adolescents.
Les systèmes de production sont enracinés dans le mythe fondateur du village: le partage des tâches entre hommes et femmes, les relations entre vieux, adultes et jeunes: ces derniers sont éliminés s’ils veulent innover!
Le mythe explique aussi l’existence des castes: forgerons, griots, chasseurs, féticheurs qui ne se mélangent pas avec les autres villageois.
Des différenciations sociales naissent à partir de richesses économiques, spirituelles, et d’un pouvoir guerrier. Des royaumes et des empires se créent, capturent des hommes pour les vendre comme esclaves à destination de l’Arabie et de l’Europe. Les razzias venues du Nord amènent les villages à se fortifier. Des villages sont abandonnés suite à une malédiction, au tarissement des puits, à une «épidémie ou aux variations du climat.
Dégradation des sols. (chapitre 26 de l’encyclopédie)
Les systèmes de production traditionnels permettaient de répondre aux besoins d’une population réduite et d’assurer leur sécurité par des réserves dans des greniers bien protégés. Des jachères longues permettaient à la végétation de se reproduire.
Mais la croissance des populations et donc des besoins de consommation a entraîné l’utilisation de techniques de production nouvelles, une augmentation des surfaces cultivées, une réduction des jachères et donc une baisse de fertilité et des rendements, souvent médiocres.
Les meilleures terres sont réservées aux cultures de rente. La culture attelée, donc le dessouchage, l’utilisation d’engrais et de pesticides ont permis d’augmenter les rendements ( et donc les revenus) mais au détriment de la fertilité des sols.
Une exploitation accrue du couvert végétal est provoquée par les besoins en bois et charbon des populations urbaines en augmentation rapide, due à l’exode rural.
Les incendies de forêts et les feux de brousse provoqués par les éleveurs nomades ou les agriculteurs pour étendre le territoire cultivé laissent les sols nus . La vie organique des sols s’appauvrit et disparaît. Les terres fragilisées par les coupes de bois, les feux, les pratiques agricoles inadaptées et un élevage extensif qui devient prédateur..sont livrées à l’érosion naturelle: vent, pluie qui exportent les terres arables. Le soleil favorise la latéritisation et la salinisation des sols sans aucun couvert végétal. La désertification est l’aboutissement de ce processus…qui serait donc un phénomène provoqué par les hommes!
Dégradation des forêts. (chapitre 27 de l’encyclopédie)
Un arbre parle… Il raconte en quoi il est utile: fertilisation des sols par ses feuilles, fabrication de pirogues, de charpentes, d’outils, d’instruments de musique avec son bois ..Alimentation et médecine avec ses fruits, son écorce, ses racines et sa sève…
Mais il se plaint d’être maltraité!
Le bétail mange ses feuilles et parfois son écorce, les bergers coupent ses branches pour alimenter les troupeaux…
Les agriculteurs défrichent, dessouchent pour accroître les surfaces cultivées qui rapportent de l’argent. Et ce phénomène s’amplifie avec l’augmentation des populations et donc de leurs besoins.
Les populations urbaines croissantes sont grosses consommatrices de bois à brûler et de charbon, d’écorces et de feuilles comme médicaments.
L’accroissement des troupeaux entraîne une surexploitation de la végétation, surtout celle des arbres. Les troupeaux transhument alors vers des zones moins surexploitées…
Le processus suivant s’amplifie: accroissement de populations, augmentation de la consommation, amélioration de la qualité de vie, surexploitation prédatrice des ressource de plus en plus rares …
Les techniques d’exploitation traditionnelles encore largement utilisées ne peuvent pas freiner ce processus qui entraîne la raréfaction du parc arboré, la mort des arbres et une dégradation des terres qui rend difficile le reboisement.
Reboisement et agroforesterie. (chapitre 43 de l’encyclopédie)
Les arbres sont utiles pour la protection des sols, le bois de construction et de chauffage, l’alimentation du bétail, l’écorce, les racines et les fruits .Les baobabs sont un symbole fort que l’on retrouve dans la littérature, les contes, les films.
Au Sahel l’association agriculture, élevage et forêts permet la reproduction du système d’exploitation. Mais avec la disparition des arbres (bois de chauffage, charbon, alimentation du bétail) cet équilibre est rompu et la fertilité baisse . Les grandes sécheresses, à partir de 1968 ont accentué le processus et provoqué l’avancée du désert.
Pour remédier à ce phénomène, des plantations ont été faites, de neems, eucalyptus et tecks pour protéger le sols et fournir des revenus.
Mais au Niger les actions de reboisement sans participation des populations ont échoué, notamment celles effectuées en semis direct.
Les opérations suivantes portant sur des centaines de milliers d’hectares ont réussi car elles avaient le souci de susciter un auto-développement à partir de pépinières villageoises. Reboisement et conservation des eaux et des sols (CES) étaient associés.
L’agroforesterie qui associe agriculture et élevage permet de lutter contre l’érosion et d’améliorer la fertilité des sols.
Des privés sont associés aux opérations de reboisement. Mais la création de collectivités locale paraît indispensable pour favoriser l’agroforesterie et l’élevage, car en droit coutumier les arbres sont un marqueur de propriété.
La conservation des eaux et du sol. (chapitre 49 de l’encyclopédie)
Le sol est un milieu vivant, enrichi par la végétation et les micro-organismes. Mais les eaux de ruissellement dégradent les sols en emportant la terre arable. La restauration des sols permet de récupérer les terres dégradées.
Des levées de terre en courbe de niveaux, au Burkina Faso, ont permis de récupérer 120.000 hectares, mais en utilisant des bulldozers, donc sans associer la population. Faute d’entretien, les résultats ont été maigres!
Un terroir, c’est bien sûr la terre, mais aussi et surtout les hommes!
La baisse de la pluviométrie a provoqué un intérêt croissant pour la CES. Des paysans utilisaient déjà les techniques de CES:des lignes de pierres pour retenir les éléments fins, des entonnoirs (zais) pour semer le mil et des plates-bandes en forme de cuvettes pour la maraîchage.
Pour tracer des courbes de niveaux, 3 types d’outils: le triangle à clinomètre, le tuyau niveau d’eau et le niveau de maçon fixé sur une longue règle de bois. Sur les pentes faibles, des fossés ados en courbes de niveaux: fossés amont ou fossés aval avec des pierres pour les protéger et une végétalisation de la butte.
Sur les pentes plus fortes, des murets de pierres isohypses de 50 à 80 cm de haut, ancrés dans un fossé dont la terre recouvre l’amont du mur. En haut du terrain, des fossés profonds sont nécessaires pour éviter que les eaux de ruissellement ne détruisent les murs.
Pour ralentir l’écoulement des eaux: des murets en fer à cheval,de petits barrages en pierres, des barrages plus importants en gabions.
L’entretien et le suivi des ouvrages est indispensable pour maintenir leur efficacité. La participation des populations est bien sûr indispensable.
Le reboisement; brise-vent, bosquets favorise la protection des sols et avec la CES permet l’amélioration des cultures.
La mobilisation des villageois pour les travaux de CES est souvent difficile car elle leur demande du temps qu’ils préfèrent occuper à des activités rémunératrices pour payer l’impôt et améliorer leur consommation.
La rémunération des villageois en argent ou en équivalent nourriture est donc souvent nécessaire.